De Jean Jacques Dessalines,
Le Grand A Jean Bertrand Aristide,
Le Visionnaire
December 31, 2004
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De Jean Jacques Dessalines,
Le Grand A Jean Bertrand Aristide,
Le Visionnaire

Lovinsky Pierre-Antoine


Un coup d'oeil sur le passé et sur l'histoire récente de notre pays montre qu'Haiti a enfanté et a connu de grands hommes dans divers champs de l'activité humaine.

Lorsque nous concentrons notre attention sur le champ politique nous pouvons dire que deux parmi ces grands hommes sont: L'Empereur Jacques 1er ou Jean Jacques Dessalines, Le Grand et Jean Bertrand Aristide, Le Visionnaire. Deux siècles séparent l'histoire et la vie de ces deux grandes figures de proue. L'une appartient déjà à la légende à cause de ses hauts faits d'armes et de son génie et l'autre y fait son entrée par la grande porte à cause de sa vision et de son projet porteur d'avenir pour son peuple qui a vécu deux siècles de désillusions et d'exclusion.

On qualifie de grand une personnalité, à partir de la portée de son projet pour sa communauté ou son peuple, à partir de ses idées et de ses réalisations. Les deux moments historiques étant différents, nous ne voulons pas comparer l'idéal dessalinien et l'idéal Aristidien (ou l'idéal lavalassien). Ce n'est pas l'objet de notre analyse ici. Néanmoins, retenons de part et d'autre, deux éléments essentiels: La Proclamation de l'Indépendance Nationale le 1er Janvier 1804 et la réclamation de la Restitution de la Dette de l'Indépendance, d'une part et de l'autre, la lutte acharnée et sans mercis menée par l'un et l'autre contre l'exclusion des masses populaires haitiennes.

Lutter les armes à la main (avec les propres armes de l'ennemi) pour et ensuite proclamer l'indépendance de ce pays n'ont pas été chose facile. Que de sang a coulé. Que de sacrifices ont été consentis. Les historiens pourront faire pour nous, en plus du décompte de ces sacrifices humains, celui des campagnes de dénigrement et de désinformation menées tambour battant contre le Père de la Patrie et les leaders noirs par la communauté internationale de l'époque (les puissances colonialistes et esclavagistes), et surtout par la France de Napoléon Bonaparte. Il en a été de même pour Mahatma Ghandi, pour Martin Luther King...etc, et il en est de même pour le Président Jean Bertrand Aristide: Dénigrements, désinformation, la machine médiatique au service des secteurs conservateurs mondiaux.

La proclamation de l'Indépendance d'Haiti a choqué le monde. Ce moment révolutionnaire a provoqué un brutal chambardement de l'ordre mondial. Il a remis en question la façon de concevoir les choses et les êtres humains.

Les tentatives pour faire avorter le projet révolutionnaire de Dessalines et des Pères Fondateurs de la Patrie et rétablir l'esclavage étaient multiples, mais vaines. Nous avons mené de rudes batailles. Nous avons lutté contre l'armée la plus puissante de l'époque, l'armée avec laquelle Napoléon Bonaparte a fait la conquète de l'Europe. Et la victoire était au rendez-vous. D'un groupe d'esclaves, Jean Jacques Dessalines, Le Grand, fit une nation.

Entouré de ses soldats, armes aux poings, les va-nu-pieds, "chimères" avant la lettre, au beau milieu du Fort de la Crête à Pierrot, au beau milieu de l'Artibonite, assiégé par l'armée française, le Général Dessalines s'adressa aux "chimères" en ces termes: << Que ceux qui veulent redevenir les esclaves des français, sortent du fort; que ceux, au contraire, qui veulent mourrir en hommes libres se rangent autour de moi.>> Avec toute la force de leurs entrailles, les "chimères" crièrent d'une seule voix: <<Nous mourrons tous pour la liberté.>> L'histoire disait l'autre est un éternel recommencement. Hier, aux côtés de Jean-Jacques Dessalines les "chimères" criaient en choeur: "Liberté ou la Mort", aujourd'hui on les retrouve aux côtés de Jean-Bertrand Aristide criant: "Démocratie ou la mort".

La Réclamation de la Restitution de la dette de l'Indépendance (US$ 21.685.135.571,48 valeur capitalisée en 2004), à l'occasion de la célébration du Bicentenaire de l'Indépendance Nationale, est en elle même la Proclamation d'une nouvelle forme d'Indépendance. En effêt, l'ancienne métropole, en nous exigeant le couteau sous la gorge le paiement de cette rançon 150.000.000 de Francs or (valeur réduite plus tard à 90.000.000 de francs or), augurait une nouvelle forme d'esclavage plus moderne, plus sophistiquée que l'on appelle le néocolonialisme en hypothéquant à tout jamais la marche du nouvel état vers son développement et son épanouissement. Dans son texte publié dans la revue: The Jamaica Observer le 21 Novembre 2004, à la rubrique Common Sense # 441, intitulé: "Blood on their Hands" John Maxwell qui lui-même citait le Professeur Peter Hallward, New Left Review, May 27 2004, l'a très bien décrit:

<<France only re-established the trade and diplomatic relations essential to the new country's survival after Haiti agreed, in 1825, to pay its old colonial master a "compensation"of some 150 million Francs for the lost of its slaves an amount roughly equal to the French annual budget at the time, or around ten years' worth of total revenue in Haiti and to grant punishing commercial discounts.
With its economy still shattered by the colonial wars, Haiti could only begin paying this debt by borrowing,...>>. Cette demande de restitution de la valeur capitalisée de la dite dette a provoqué diverses réactions à travers le monde et a accéléré le complot ourdi par un groupe de pays qui se font passer pour la communauté internationale d'aujourd'hui ( les Etats-Unis, la France, le Canada...) contre le gouvernement populaire et démocratique du Président Jean Bertrand Aristide, et à travers lui, contre les masses populaires haitiennes, véritables bénéficiaires du projet révolutionnaire du Président Jean Bertrand Aristide.

En effêt les guerres de l'indépendance ont ruiné l'économie de la métropole. Après l'élaboration et la promulgation de la constitution de 1801 par le Précurseur de l'indépendance, le Gouverneur Général Toussaint Louverture, la France colonialiste et esclavagiste prenait ombrage et envoya l'expédition de 1802, commandée par le beau-frère de Napoleón, le Général Leclerc pour rétablir l'esclavage. La France ne voulait pas perdre sa plus belle et sa plus riche colonie. Cependant ses tractations ainsi que celles de ses alliées ne pouvaient en rien arrêter la fureur révolutionnaire de nos vaillants "chimères" qui étaient prêts à mourrir plutôt que de retourner sous le joug de la France ou de n'importe quelle autre puissance. De toutes les poitrines, du fond de toutes les entrailles jaillissaient le slogan:

LIBERTE OU LA MORT

Le 1er Janvier 1804, à la face du monde, l'indépendance d'Haïti fut proclamée. Il fallait à partir de ce moment commencer à travailler à la reconstruction d'un pays ruiné par les guerres de l'indépendance. Ce qui fut fort difficile, face à la détermination cupide des anciennes métropoles pour faire échec à un projet unique son genre au double points de vue anti-colonialiste et anti-esclavagiste. Certains projets de ce genre dans d'autres pays, ont aboli l'esclavage, mais ont conservé les liens coloniaux ou des liens de protectorat (le terme est très à la mode aujourd'hui); d'autres ont proclamé l'indépendance, mais ont maintenu le système d'exploitation esclavagiste,comme mode de fonctionnement de leur société. La révolution des "chimères" a été plus loin que toutes les autres qui sont survenues avant elle. Plus loin que le projet réactionnaire des mulâtres, parce que réformiste; plus loin que la révolution française parce que celle-ci fut partielle, sectaire; plus loin que la révolution américaine, parce que celle-ci fut circonscrite à des zônes géographiques et à des catégories de la population.

Dès ses premiers pas dans le concert des nations, le nouvel état était condamné à faire cavalier seul. Oublieux des gestes de solidarité que lui a témoignés Haiti, dans ses moments difficiles, les Etats-Unis ont mis 60 longues années avant de reconnaitre notre indépendance. Après 21 ans d'isolement et de complots de toutes sortes contre la Première République noire indépendante du monde, la France exigea du gouvernement de Jean-Pierre Boyer en 1825, le couteau sous la gorge, le paiement d'une rançon, pour reconnaitre notre indépendance. Et Boyer céda aux pressions, et Haiti allait mettre 122 ans pour payer cette somme (dernier versement 1947, sous la présidence de Dumarsais Estimé, selon John Maxwell dans le même article. Comme si cette indépendance était un cadeau.

Non! Non! Et cent fois non! Notre indépendance a été acquise au prix du sang de nos ancêtres. Ceux-ci ont battu tour à tour l'armée espagnole, l'armée anglaise, l'armée française. L'Empereur Charles X a commis un acte d'escroquerie et de piraterie en exigeant du gouvernement haitien le paiement de cette somme. C'était comme si la France nous remettait à genoux. La dignité de la nation, fièrement conquise, était foulée au pied. Et pendant longtemps, le pays de Capois-La-Mort et de Henry Christophe allait trainer ce boulet de galère à ses pieds. Il fallait relever le défi et redonner au peuple haitien si fier de son histoire et de son passé, sa dignité perdue.

Lorsque, 178 ans après, le Président Jean Bertrand Aristide a réclamé de la France de Jacques Chirac, la restitution de la valeur capitalisée de la dette de l'indépendance, c'était l'affirmation péremptoire de notre droit, en tant que peuple souverain, à l'autodétermination. Cette réclamation faite au nom du peuple et perçue comme une façon de réaffirmer la primauté de notre indépendance, à l'occasion de ce bicentenaire, a choqué les puissances néo-colonialistes. Et elles se sont entendues avec leurs valets locaux, (la bourgeoisie locale et une partie de la petite bourgeoisie sans conscience) pour fomenter un vaste complot contre le processus démocratique en Haiti.

En fait le complot se tramait déjà depuis longtemps. Si le débarquement des troupes américaines en Iraq a jetté une douche d'eau froide sur les relations entre la France et les Etats-Unis, le sabotage du processus démocratique en Haiti, les retrouve, bras dessus bras dessous. "Les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts", disait, l'autre. Et l'argent des contribuables français, canadiens et américains sert à financer: complots, recrutements de mercenaires, assassinats politiques, viols, asservissement de la classe politique traditionnelle, de certaines organisations locales des droits de l'homme, vassalisation de la presse, de la classe des intellectuels, de certains étudiants, bref de l'oprobe en Haiti. Et ce travail de sape n'est pas fini, mais la démocratie en Haiti est comme la mauvaise herbe, elle a la vie dure. Une fois plantée, elle ne s'arrache pas facilement.

Haiti se retrouve, sans savoir pour combien de temps, occupée militairement. La mise en place d'un gouvernement de facto, n'est qu'une façade. Le véritable chef d'orchestre du jeu politique en Haiti, est le Pro-consul, l'Ambassadeur américain en Haiti, James B Foley qui tire comme bon lui semble les ficelles des marionnettes au Palais de la Présidence et à la Primature. Nous comprenons mieux cela, lorsque nous nous référons à la soit disant conférence de la diaspora haitienne organisée à Montréal par le gouvernement canadien les 10 et 11 Décembre 2004 sous le fallacieux prétexte de la réconciliation et de la reconstruction du pays. On se souvient des propos racistes du Député canadien Denis Paradis contre le peuple haitien en 2003, des propos intolérants et intolérables de Dennis Cordère, conseiller spécial (poste tout nouveau, créé pour la circonstance) du Premier Ministre canadien pour Haiti, des articles traitant de la mise sous tutelle d'Haiti publiée en 2003 par Michel de Vastey dans la presse canadienne, et plus récemment par Don Bonhing dans le journal américain "Miami Hérald."

Afin de poursuivre notre réflexion, arrêtons-nous un instant sur la portée sociale du projet politique de Dessalines. Sa démarche est fondée sur une politique d'émancipation des masses. Esclave des plantations, Dessalines a connu toutes les rigueurs du système esclavagiste, et il voulait pour ses frères une émancipation réelle. Nous en voulons pour preuve la fameuse déclaration qu'il a faite, en découvrant que la nouvelle classe des riches (en majorité les mûlatres), voulait s'accaparer de toutes les terres du pays : "Et les pauvres nègres dont les pères sont en Afrique, ils n'auront donc rien". Il ordonna ipso facto une vérification des titres de propriété et amorça son projet de réforme agraire. La dimension révolutionnaire de cette démarche, montre bien que le projet dessalinien avait pour assise une politique de justice sociale. C'était un projet nettement révolutionnaire qui ne pouvait pas souffrir de voir les intérêts des masses populaires, lésés par une élite jouisseuse et prétentieuse. Les nouveaux maitres du pays, les nouvelles élites dont les intérêts étaient menacés par ce projet, avaient ourdi un complot qui allait aboutir à l'assassinat du Fondateur de la Patrie, l'Empereur Jacques 1er au Pont Rouge (entrée nord de Port-au-Prince) le 17 Octobre 1806. Et ce fut le 1er coup d'état de l'armée en Haiti. Deux siècles après, les élites intellectuelles, économiques n'ont pas divorcé d'avec cette tradition de comploter pour faire échouer tout gouvernement qui veut le plus grand bien au plus grand nombre .Au cours de nos 200 ans d'histoire, trente-trois autres coups d'état ont été perpétrés en Haiti par l'armée. Les deux derniers en dâte sont celui du 30 Septembre 1991 et celui du 29 Février 2004.

Si l'Administration de Georges Busch "Papa Busch", en 1991 s'est servi de l'institution militaire (quand elle existait) pour étouffer dans l'oeuf, les premiers balbutiements de la démocratie en Haiti, celle de Georges W. Busch "Baby Busch" ressuscitera la défunte armée (en 1994, les Forces Armées d'Haiti furent dissoutes par le Président Jean Bertrand Aristide et remplacées par une force de police civile) et le groupe para militaire FRAPH pour tuer, en pleine année de la célébration du bicentenaire de l'Indépendance Nationale, l'espoir des masses haitiennes qui luttent pour leur émancipation.

Depuis son ascession au pouvoir en 1991, son retour au pays en 1994 après 3 années d'exil, le Président Jean Bertrand Aristide, Fondateur du Mouvement Lavalas, de l'Organisation Lavalas et de la philosophie lavalas a amorcé toute une série de mesures à caractère révolutionnaire tant par leur portée et les bénéfices qu'elles ont apportés aux couches défavorisées de la population qu'au niveau contextuel de leur réalisation.

En effêt, depuis le retour à l'ordre à l'ordre constitutionnel en Octobre 1994, la promesse de débloquer des fonds pour les grands chantiers de développement en Haiti, n'a jamais été honorée par les grands bailleurs de fonds internationaux. Pour asphyxier l'économie du pays le plus appauvri de l'hémisphère, le gouvernement des Etats-Unis décida de façon unilatérale de geler au niveau de la BID (Banque Interaméricaine de Développement) plus qu'un demi miliard de dollars auxquels Haïti avait droit. Les raisons étaient politiques, mais l'administration américaine s'est toujours évertuée à trouver des prétextes pour maintenir cet embargo tacite. Comme l'exige la constitution haitienne, le parlement haitien avait déjà approuvé ces prêts et Haïti avait même déja commencé à payer des intérêts. Depuis cette dâte, l'aide de ce que l'on appelle la Communauté Internationale n'est arrrivée qu'au compte-gouttes, laissant le pays exangue et seul face à son destin.

Le Président Jean Bertrand Aristide avait compris le jeu et décida que: " Se grès kochon an ki pou kwit kochon an ". Le gouvernement instaura dans l'économie une politique d'austérité en vue de réduire les dépenses publiques. En même temps, au niveau de la DGI (Direction Générale des Impôts) et de l' AGD (Administration Générale des Douanes), des mesures ont été prises pour augmenter les recettes de l'état. Ces mesures n'ont pas manqué de déplaire à la bourgeoisie mercantile qui n'était pas habituée à honorer ses engagements fiscaux, mais elles permirent au gouvernement de trouver les fonds nécéssaires pour mettre en branle un vaste programme social au bénéfice des masses populaires.

EDUCATION

Sur le plan de l'éducation, d'Octobre 1994 à Février 2004, trente-cinq (35) écoles ont été construites chaque année. Soit un total de 350 écoles pendant à peu près 10 ans. Plusieurs dizaines d'autres écoles ont été réaménagées. Le programme de construction d'écoles a touché particulièrement les zônes rurales, car il fallait enfin corriger le déséquilibre qui existe entre le milieu urbain qui bénéficiait toujours de tout et le milieu rural qui était toujours traité en parent pauvre. Ce programme intitulé: "Education pour tous en l'an 2000" devait permettre aux enfants des plus appauvris d'avoir accès au savoir. Le programme de cantine scolaire a permis à des milliers d'enfants issus des classes défavorisées d'avoir un plat chaud chaque jour de classe. La compagnie DIGNITE gérait pour le compte de l'état haitien un parc d'autobus scolaire qui facilitait, sur la quasitotalité du territoire national, le transport des écoliers de leurs zônes de résidence jusqu'à leurs établissements scolaires.

Le programme d'Alphabétisation a pris une vitesse de croisière grâce à la coopération cubaine. Une Secrétairerie d'Etat à l'Alphabétisation a été créée. Toutes les institutions publiques, y compris la Police Nationale d'Haiti, les organisations de base, les élèves des écoles secondaires...etc s'étaient impliquées dans la campagne d'alphabétisation lancée par le Président Aristide. Soulignons également, le programme Resto-Alfa qui a été mis sur pied en vue d'implémenter la campagne. Ces mesures réduisirent considérablement le taux d'analphabétisme dans le pays.

L'enseignement supérieur n'a pas non plus été négligé. Des jeunes aussi bien de Port-au-Prince que des villes de province obtinrent, après avoir signé avec l'état haitien un contrat de 10 ans qui les obligeait à retourner travailler dans leur ville natale après leur formation, une bourse dans des domaines divers: médecine vétérinaire, agronomie, la pêche, l'élevage...etc pour des études à Cuba . Paralèllement, un groupe de 250 jeunes étudiants haïtiens, recevaient une formation en médecine à l'Université de la Paix de la Fondation Aristide, université qui a été fondée à la même époque que l'Hopital Universitaire de la Paix ont été fondés.

La modernisation du Transport en commun

La compagnie "Service Plus" a été fondée en vue de moderniser le transport en commun. Une flotte de plus d'une centaine d'autobus, avec des chauffeurs d'une rare politesse assuraient avec une discipline qui étonnait plus d'un le transport des passagers. Le contrat signé entre l'état haïtien et un syndicat de chauffeurs pour la gestion de la compagnie, un point qui rendait le chauffeur propriétaire du véhicule qu'il conduisait après un certain temps si sa conduite a été jugée satisfaisante, faisaient l'originalité de ce programme. Et la clientèle était satisfaite.

SANTE

L'hôpital universitaire de la Paix à Delmas 33, inauguré le 6 Février 2004 devait desservir la population de la commune de Delmas et fonctionner comme terrain de stage pour les étudiants boursiers en médecine (250) de l'Université de la Paix. Le caractère exceptionnel de cette mesure était de faire en sorte que le recrutement assurait une répartition équitable du nombre de jeunes boursiers par département. Il fallait corriger la dichotomie existant dans ce domaine, où il faut compter 1 médecin pour 10.000 habitants pour tout le pays alors que pour le département de l'ouest où on retrouve la capitale Port-au-Prince, il existe 7 médecins pour 1000. Il fallait pour les 10 prochaines années arriver à un chiffre de 1 médecin pour chaque 2000 habitants pour l'emsemble du territoire. A ce niveau, il faut signaler que la coopération cubaine est venue apporter une solution en attendant la formation de jeunes professionnels haitiens. Plusieurs dizaines de médecins cubains, des infimières, des techniciens de laboratoire sont venus renforcer le personnel de santé haitien. Et on les retrouvait dans des régions très reculées du pays, où aucun médecin n'est jamais allé, pour prodiguer des soins de première qualité.

Bloc opératoire, équipements divers, pharmacie, représentent autant de points pour lesquels le gouvernement Lavalas a consenti d'énormes sacrifices en vue d'équiper les 371 dispensaires, 217 centres de santé et 49 hôpitaux du pays. Il nous faut signaler égalemnent l'ouverture de l'Ecole des Sages-Femmes, le réamenagement et rénovation du building logeant l'Institut Médico-Légale...etc à Port-au-Prince.

LOGEMENT

Afin de commencer à résoudre le crucial problème de logement pour les gens à faibles revenus, plus de 4000 unités de logements ont été construits dans le quartier populaire de La Saline, dans le nouveau quartier 2004, à Oranger ...etc. Un contrat liait les bénéficiaires à l'état haïtien. Ils devaient payer un montant d'argent mensuel selon leurs revenus jusqu'à ce qu'ils deviennent propriétaires de leur habitation après une période de vingt ans.

N'était-ce la mobilisation de la population, les troupes d'occupation des Nations-Unies, avec la complicité du gouvernement de facto, auraient délogé les habitants du quartier 2004 pour transformer les blocs appartements en casernes militaires. Ajouter à cela, plusieurs dizaines de maison ont été construites, dans le cadre du programme de dédommagement aux victimes du coup d'état de Septembre 1991, à Cité Soleil et à Grand-Goave (ouest), à Morency et à Chantal dans le Sud, , à Plaisance (nord), dans l'Artibonite...etc.

Réforme agraire et Relance de la Production nationale

En implémentation à la réforme agraire amorcée, dans le but de permettre la relance de la production nationale, nous signalerons une vaste programme de distribution d'engrais agricoles et de semences améliorées aux cultivateurs. Ce programme a débuté particulièrement dans la plaine de Léogane, dans la plaine de l' Arcahaie et dans la Vallée de l'Artibonite. D'autres régions comme le Nord'Ouest par exemple, ont pu bénéficier du programme dénommé: PPI (Petits Périmètres irrigués). L'usine sucrière de Darbonne, sous supervision de techniciens cubains, a été remis en état de fonctionnement et commençait déjà à produire dans un premier temps, du sirop de canne. Pour combattre la sécheresse chronique dans des régions comme par exemple le Nord'Est et le Plateau-Central, plusieurs lacs artificiels et/ou puits artésiens ont été construits. Et la coopération cubaine a gracieusement offert plusieurs milliers de larves de poisson "Ti Lapia" (très riches en protéïnes et autres) pour alimenter les lacs, permettant ainsi la pratique de la pisciculture.

Electrification et Reseau téléphonique

L'achat et l'installation de plusieurs groupes électrogènes a permis à plusieurs villes de Province, comme par exemple Cap-Haitien, les Cayes, Petit-Goave, Grand-Goave, Jacmel...etc de bénéficier du courant électrique 24 heures par jour et 7 jours par semaine. Du Môle Saint-Nicolas à Dame-Marie en passant par Anse-à-Pitres et Ouanaminthe, toutes les villes de province sont dotées d'une centrale téléphonique, lorsqu'elles n'ont pas de lignes téléphoniques privées. Ce qui facilite la communication à l'intérieur du pays et entre les compatriotes qui vivent à l'extérieur et ceux qui sont au pays.

Construction de routes et de Ponts

Au tableau des grandes réalisations du Président Jean Bertrand Aristide nous ne pouvons pas mettre de côté la construction des routes. Tout le mondde sait ce que les infrastructures routières représentent pour le développement économique d'un pays. Beaucoup de routes ont été réaménagées ou construites. Nous citerons le Boulevard Toussaint Louverture anciennement connu sous le nom de route de l' Aéoroport, les routes nationales numero 1, 2 et 3, la route de Jacmel...etc Il y en a qui étaient encore en chantier au moment du coup d'état du 29 Février 2004. Ces routes permettent une meilleure communication, un meilleur échange entre les différentes villes, ainsi que la circulation des biens et produits en surplus pour la consommation locale et l'exportation. Les cultivateurs par exemple n'attendent plus que les grands commerçants viennent à la campagne acheter leurs produits à des prix dérisoires. Ils s'organisent pour aller les vendre en ville eux-mêmes et obtenir entre autres un meilleur prix.

Signalons en passant, la construction d'une voie de pénétration qui relie la ville de Tiburon et celle des Irois. Tiburon et les Irois sont deux villes qui se trouvent à l'extrème point sud du Pays et elles ne sont séparées l'une de l'autre que par environ une dizaine de kilomètres. Les habitants des Irois n'en revenaient pas, c'était la première fois de leur vie qu'ils avaient vu un véhicule à moteur. C'était la première fois que leur coin allait être enfin désenclavé. C'était la Fête, dans tous les sens du terme.

Construction de Places Publiques

La construction des Places Publiques a été sans aucun doute, l'un des aspects où le Président Aristide a le plus montré sa volonté de travailler au profit de tous les haïtiens sans distinction. Nous comptons 54 Places Publiques qui ont été complètement réaménagées ou construites. Le coup d'état a interrompu certains travaux d'envergure. Espaces de loisirs et de détente, ces nouvelles places publiques permettent à la population de la Capitale comme des villes de Province de venir jouir seul, en couple ou en famille d'un moment de sérénité. Aux périodes d'examens, elles sont littéralement envahies par des étudiants qui y trouvent un coin paisible pour étudier et se préparer aux épreuves régulières ou officielles. Il n'est pas rare de voir des jeunes et des moins jeunes se livrer, sur ces grands espaces, à la pratique de leur sport favori, tandis que, dans les moments de grandes foules, les petits détaillants trouvent une bonne occasion pour vendre des produits de toutes sortes, et les prédicateurs d'occasion en profitent pour partir, mégaphone en main, à la recherche des âmes perdues ou des brebis galeuses.

La Tour 2004

La construction de la Tour 2004, quoique inachevée, retient toute notre attention dans la mesure où ce projet participe d'une volonté clairement exprimée non seulement de construire un monument d'envergure mais aussi à travers cela, de reconstruire la dignité nationale. 1804 a relevé notre peuple au niveau de sa dignité humaine, contre la volonté de la France esclavagiste. Le paiement de la rançon de la dette de l'Indépendance nous a volé cette dignité. Les projets de 2004, y compris la demande de la Restitution de la dette de l'Indépendance, à laquelle s'attache toujours le peuple revendicatif haitien, mais aussi et surtout, la construction de la Tour 2004 sont en train de reconstruire cette dignité. On comprend donc pourquoi l'impérialisme, et particulièrement la France de Jacques Chirac et de Dominique De Villepin, la France de Régis Debray dans sa vision archaïque de la personne humaine se sont opposés au projet 2004 et à ceux qui le portaient. On comprend donc pourquoi le gouvernement de facto nie le droit sacré du peuple haitien à la restitution de la valeur capitalisée de la dette de l'Indépendance, on comprend donc pourquoi ce gouvernement de facto méprise la Tour 2004 jusqu'à en discontinuer la construction, et autres projets l'accompagnant. Il s'agit d'un gouvernement bâtard, antinational. Il s'agit d'un gouvernement vassal.

Trois autres mesures, tout aussi révolutionnaires, à caractère socio-politique méritent d'être signalées:

Il s'agit de la décision par décret présidentiel de faire de la langue créole une langue officielle au même titre que le français et du vaudou une religion officielle et de celle du renvoi des membres de l'institution militaire.

Le créole

Le créole, langue maternelle, parlée par tous les haïtiens était, jusqu'à une époque assez récente, une langue méprisée et ceux qui la parlaient étaient traités avec beaucoup de préjugés. Beaucoup de luttes ont été menées pour sa promotion. Cependant, c'est le décret qui a fait du créole une langue officielle qui lui a donné pignon sur rue. Le créole est enseigné à l'école, en même temps qu'il est langue d'enseignement. Avec toutes la production en créole dans le domaine de la poésie, de la musique, du roman, du théatre... etc, la littérature créole fait son chemin. Le créole a gravi des échelons, il s'est valorisé, en valorisant ceux qui le parlent. Cela a beaucoup aidé au processus de participation des masses populaires qui représente l'un des piliers de la politique du gouvernement lavalas. D'ailleurs, Fanmi Lavalas est l'un des rares, sinon le seul parti politique ou la seule organisation politique qui ait choisi une dénomination créole: Fanmi Lavalas. La langue étant l'une des expressions de l'identité culturelle, avec elle c'est toute la culture haitienne qui est revalorisée. Au tribunal, par exemple un haïtien créolophone unilingue a le droit d'exiger de la magistrature et des avocats qu'on lui parle créole.

Le vaudou

Le vaudou est la religion la plus populaire en haiti, il est l'âme de la culture nationale. Avant la révolte des esclaves, le 22 Août 1791, sa pratique était interdite sur toute l'étendue du territoire. Nous l'avons hérité de nos ancêtres. Lorsque l'on se rappelle le rôle très important que cette religion a joué au niveau de la révolution haitienne commencée bien avant 1791, l'on comprend pourquoi notre système éducatif, basé sur le système occidental, nous a appris à nier, à rejeter cette religion. En la rejetant, nous rejetons toute notre âme, notre identité, c'est à dire, ce qui fait de nous ce que nous sommes, ce qui compose notre richesse en tant que peuple unique au monde. Le colon blanc nous a divisés pour mieux nous exploiter, mais le vaudou nous a réunifiés, pour à l'occasion de la cérémonie du Bois Caïman, nous permettre de définir contre le système esclavagiste une stratégie unitaire de lutte qui nous a conduits à l'Indépendance. Il était grand temps de redonner au vaudou sa vraie place. Le Président Jean Bertrand Aristide a eu la perspicacité et le courage nécessaire pour le faire. Et, il l'a fait.

L'abolition de l'armée

C'était une nécessité. Mais qui a pu oser? Un homme de foi et d'un mâle courage. Un révolutionnaire. La décision de renvoyer les membres de l'institution militaire, en attendant que les mesures constitutionnelles soient prises, est une décision révolutionnaire. L'existence même de l'armée en Haiti était une menace pour la paix et la stabilité dans le pays. L'armée ne servait à rien sinon qu'à faire des coup d'état. Elle en a 34 à son triste palmarès, en plus de nombreux cas d'assassinats politiques. Cette armée que nous avons héritée de la première occupation militaire américaine (1915-1934), était une armée de repression, elle fonctionnait comme une armée d'occupation. Nous n'avons qu'à regarder le comportement des hommes de l'ex-sergeant Joseph Jean-Baptiste, par exemple, qui occupent le Plateau Central. Est-ce qu'ils protègent Chavannes Jean-Baptiste, ou est-ce lui qui les protège?

Sans la présence de l'armée, le pays fonctionnait dans un climat où il y avait plus de sérénité. Ceux-là qui voulaient destabiliser le processus démocratique en Haiti, ont du faire appel à l'armée en Septembre 1991 (premier coup d'état de l'impérialisme américain contre le Président Jean Bertrand Aristide). Ils ont fait appel aux anciens militaires en Février 2004 (deuxième coup d'état de l'impérialisme contre le Président Aristide). L'armée était donc un pion de poids entre les mains du gouvernement de Etats-Unis pour empêcher l'évolution du processus démocratique en Haïti. Elle absorbait une trop grande partie du budget de la République et ne remplissait aucun rôle au niveau de la sauvegarde des intérêts de la nation.

Ces quelques aspects de ses grandes réalisations, choisis au hasard, témoignent de manière non équivoque, la vision incommensurable de l'homme pour son peuple. Au même titre que Jean-Jacques Dessalines, mais à des moments différents de l'histoire de notre pays, le Président Jean Bertrand Aristide est un visionnaire. Il est à la hauteur de sa mission. C'est donc pourquoi son peuple l'adule. C'est peut-être aussi pourquoi, les courants impérialistes ne le voient pas d'un bon oeil, comme Toussaint Louverture, comme Thomas Sankara, comme Salvador Allende, comme Fidel Castro, comme Hugo Chavez.... Mais, la grande question est de savoir pourquoi faut-il récolter la haine des grands lorsque l'on cueille l'amour de son peuple. Et le Président Aristide de dire: "Mieux vaut échouer avec le peuple que de réussir sans le peuple". Lorsque l'on est avec le peuple, on peut perdre une bataille mais, on n'échoue jamais.

Lovinsky Pierre-Antoine
Coordonnateur Fondation Trente Septembre
Consultant à EPICA
Ecumenical Program on Central America and the Caribsbeen


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